Les roches peu profondes

Ces fonds rocheux sont à l’origine d’une forte production halieutique.

© Erwan Amice

Les habitats rocheux côtiers concentrent une richesse biologique élevée. Deux d'entre eux sont particulièrement remarquables :
• Les champs de blocs : chaos de roches mobiles empilées les unes sur les autres, elles reposent sur du platier ou du sable grossier.
• Les laminaires : ces grandes algues brunes forment de véritables forêts dans lesquelles vivent de nombreuses espèces. Lorsqu'elles sont implantées sur des champs de blocs, elles constituent un habitat particulièrement fragile.

 

 

Quelle importance pour la pêche ?
Avec leurs multiples cavités, les champs de blocs offrent un refuge aux juvéniles de nombreuses espèces. Ils tiennent donc un rôle primordial dans le renouvellement des stocks.
Source de production primaire, les forêts de laminaires fournissent aussi abri et nourriture à une faune importante. Crustacés (tourteau, homard, crevettes…), mollusques (ormeaux, poulpe…) et poissons (congres, tacauds, vieilles, bars, lieus…), tous profitent de cet écosystème.

VOIR LA VIDÉO “PECHER DURABLEMENT LES ORMEAUX DANS LES CHAMPS DE BLOCS”

 

© Erwan Amice

 

L'ormeau affectionne ces habitats rocheux où il peut aisément se cacher.

 

 

 

 

• Une pierre retournée et non remise en place perd 30 % de sa biodiversité et met environ 3 ans à la retrouver. Sur l’estran, un champ de blocs perturbé se remarque par la dominance d’algues vertes opportunistes, en lieu et place des algues brunes et rouges.
• Des prélèvements d’algues trop importants ont un effet sur les populations de laminaires mais également sur la biodiversité qu'elles abritent.

• En pêcherie goémonière, le prélèvement des algues est strictement encadré, notamment par des zones de récolte (Laminaria digitata) ou système de jachères (Laminaria hyperborea).
• Depuis le 01/01/2021, les normes techniques du peigne sont fixées pour améliorer sa sélectivité.
• En pêche à pied loisir, il est obligatoire de remettre les pierres retournées en place.

Être attentif aux évolutions réglementaires. Se référer aux délibérations disponibles sur www.bretagne-peches.org

•  En pêcherie goémonière, veiller à limiter le temps de traîne du peigne au strict nécessaire.
•  En plongée ou en pêche à pied : remettre systématiquement les blocs de roche en place pour préserver l’habitat et pérenniser la ressource.

© DR

Parole de pêcheur
« En Bretagne, la biomasse totale de Laminaria hyperborea est estimée à environ 1 million de tonnes et la biomasse exploitable à 30 000 tonnes. Des zones de jachères ont été mises en place par les professionnels avec une ouverture tous les trois ans et un plafond de capture fixé par l'Ifremer sur chaque zone ouverte.
Ces zones sont très importantes à respecter afin de préserver la ressource et d’assurer la durabilité de l'activité.
Après 5 années de recul, il est désormais possible de dire que ce système de gestion garantit la pérennité de la ressource et des habitats travaillés par les navires goémoniers. »
Yvon Troadec
Président du GT Algues-Pêche embarquée du CRPMEM et ancien patron du goémonier-coquillier Saphir à Brest